Amitiés, proximité et développement de l’identité à l’âge préscolaire
Le besoin d'amitiés et de contacts sociaux augmente et l'enfant se familiarise progressivement avec les règles de la vie en société. Entretenir des amitiés implique aussi d'apprendre la proximité, l'affection et la confiance. Les enfants évoluent de manière plus autonome au sein d'un groupe et ils se répartissent parfois en « nous » et « les autres » (« Nous sommes les détectives, vous ne savez pas aussi bien interpréter les indices que nous ! »). La constitution de petits groupes permet aux enfants d'exercer l'affirmation de soi, de fixer des limites, de nouer des alliances et, avec du soutien, d'exprimer leurs sentiments de mieux en mieux. Cette organisation active des relations fait également partie de la sexualité.
Les amitiés sont vécues très intensément sur le plan émotionnel et peuvent donner lieu à de la jalousie, de la tristesse, des disputes et différentes formes d'intimité physique et d'« idylle » enfantine (se câliner, se caresser, faire des bisous, se tenir la main, etc.). Des enfants de cet âge disent parfois qu'ils sont amoureux de l'un de leurs parents, d'une ou d'un enseignant ou même de leur animal domestique. Il ne s'agit cependant pas d'un sentiment comparable au désir sexuel tel qu'il existe chez les adultes, les enfants expriment simplement une proximité affective particulière.
Relations, expériences corporelles et sexualité infantile au quotidien
À la crèche ou au jardin d'enfants, ils découvrent divers modes de comportement . Ils constatent par exemple qu'un·e enfant réussit à peler tout·e seul·e sa mandarine des dix-heures, qu'un·e autre grimpe tout·e seul·e sur un arbre, qu'un·e troisième fait pipi debout, ou entendent qu'un picotement du côté de la vulve et du vagin peut se produire sur la balançoire. À cette phase du développement, les enfants du même âge aiment aller aux toilettes ensemble. S'amuser avec les attentes sociales liées aux rôles fait toujours partie du quotidien des enfants. Le garçon a peut-être envie d'utiliser le petit pinceau du flacon de vernis à ongles, Julia voudrait s'allonger dans le lit pour qu'Emilio la soigne affectueusement.
Les enfants trans* (dont l'identité de genre ne correspond pas au sexe attribué à la naissance) peuvent déjà ressentir et exprimer des décalages à cet âge. En cas de doute, un·e spécialiste peut être contacté·e (p. ex. Transgender Network Switzerland).
Ce que vous pouvez faire
- Offrez aux enfants de l'espace pour divers jeux de rôle et prenez-les au sérieux (Ce n'est pas un problème si un garçon joue à porter un bébé dans le ventre. Faire semblant de se marier ne veut pas dire que les enfants sont réellement amoureux.).
- Aidez l'enfant à nommer des sentiments variés et faites-lui comprendre qu'il est normal de les exprimer. Trouvez conjointement des stratégies pour réguler les émotions (si tous les sentiments sont acceptables, tous les comportements ne le sont pas).
- Aidez votre enfant à entretenir ses amitiés et à gérer les conflits (« Tu es triste et tu en as assez de jouer avec Kira – ce n'est pas grave, dites-vous au revoir pour aujourd'hui. Demain est un autre jour. »).
- Parlez de l'amour et de l'attachement avec votre enfant, et de la manière dont ces sentiments se ressentent ou s'expriment. Favorisez le dialogue par exemple à l'aide d'un livre d'images, d'un dessin ou en remplissant un bocal à confiture de messages tendres (« J'aime tes drôles d'idées de coiffure. » « Quand tu ris, cela me donne aussi envie de rire. » « J'adore ta façon de prendre dans les bras pour dire au revoir. »).