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Parler des situations difficiles avec les enfants

En tant que parents, nous voulons protéger les enfants des mauvaises nouvelles. Mais ils/elles comprennent plus de choses que nous ne l’imaginons

Les enfants ont besoin de confiance et d’orientation

Crise climatique, pandémie de coronavirus, guerre en Ukraine : les sujets difficiles sont omniprésents. Ils peuvent déclencher des inquiétudes et des peurs chez les adultes tout comme chez les enfants. En tant que parents, nous voulons protéger les enfants des mauvaises nouvelles. Mais ils/elles comprennent plus de choses que nous ne l’imaginons. Ils/elles sentent nos peurs et nos soucis. La confiance dans le monde et dans leur propre avenir peut être brisée.

En prenant au sérieux les peurs des enfants et en les accompagnant, les parents renforcent leur confiance. Les enfants apprennent qu’ils/elles trouvent du soutien et du réconfort dans les situations d’incertitude. Les parents apportent une orientation aux enfants en parlant avec eux/elles des événements, en les expliquant et en aidant à les catégoriser. Cela renforce aussi la résilience des enfants. Cela s’applique à toutes les situations difficiles, y compris celles liées à la guerre.

Tous les sentiments sont autorisés : dire ce qui nous préoccupe

Quand l’enfant demande la cause de notre tristesse, nous pouvons, en tant que parents, décrire ce qui nous préoccupe à l’aide de mots simples et clairs. Si l’enfant continue de poser des questions, les parents peuvent expliquer la situation par des mots simples. Dans le cas du conflit actuel, ils peuvent prendre une carte du monde et montrer à l’enfant où se trouvent les pays qui s’affrontent dans un conflit armé et sont en guerre. Ou avec des enfants plus grands, ils peuvent regarder ensemble une émission pour enfants qui leur explique clairement la situation. Cela s’applique aussi aux autres situations difficiles comme la crise climatique.

En parlant avec les enfants, on leur montre qu’ils/elles peuvent se fier à leurs sentiments et perceptions, et cela leur donne de la sécurité. Si nous faisions comme si de rien n’était, cela aurait tendance au contraire à irriter et à déstabiliser les enfants. En effet, ils/elles sentent nos incertitudes mais ne peuvent pas les catégoriser eux/elles-mêmes.

Les parents peuvent aussi dire quand ils/elles s’inquiètent. Cela permet aux enfants de sentir qu’ils/elles ne sont pas seul·e·s avec leurs questions et leurs inquiétudes. Ils/elles apprennent à se fier à leurs propres sentiments et à trouver les mots pour parler de leurs sentiments. 

À retenir :

Les canaux que vous pouvez utiliser avec les enfants :

À partir de l’école primaire :

 

Pour les enfants plus grands :

Les enfants n’ont pas besoin de longs discours, souvent, une phrase courte leur suffit

Les parents n’ont pas besoin d’expliquer une crise aux enfants s’ils ne s’y intéressent pas. Ils/elles peuvent toutefois signaler qu’ils/elles sont là si l’enfant a des questions et des doutes. Les parents n’ont pas besoin de rentrer dans les détails. Si les parents n’ont pas la réponse à une question, ils/elles peuvent tout à fait l’admettre. Il est normal de ne pas tout savoir expliquer.

Mettre d’abord son propre masque à oxygène

Les parents ne devraient pas transmettre leurs propres peurs sans filtre à leurs enfants. Si les parents sont très préoccupé·e·s par les peurs et les doutes, ils/elles devraient demander de l’aide à d’autres adultes. Comme pour le masque à oxygène dans l’avion. Les parents ne peuvent aider l’enfant qu’après avoir mis leur propre masque à oxygène.

Les enfants et les parents ont régulièrement besoin d’une pause. Lors des événements éprouvants en particulier, cela fait du bien de déconnecter de temps en temps et de volontairement laisser de côté son téléphone. Dans ce cas, il est utile de prendre soin de soi à long terme.

À partir de quel âge doit-on parler de la guerre avec des enfants ?

Cela dépend du niveau de développement et de l’intérêt de l’enfant. Avant 5 ans, la guerre ne doit pas être abordée à moins que l’enfant ne pose des questions. Un enfant a droit à la vérité. Si un enfant réfléchit activement à la guerre et pose des questions, on peut y répondre en fonction de son âge dès le jardin d’enfants. Si les enfants montrent qu’ils/elles s’inquiètent mais ne veulent pas en parler, les parents peuvent leur dire « Tu peux venir me voir quand tu veux. Je suis là pour t’écouter. Je te comprends et je comprends tes peurs. »

Selon jugendundmedien.ch, le journal télévisé n’est adapté qu’aux adolescent·e·s à partir de 13 ans. Les formats spécialement conçus pour les enfants comme les informations de la SRF ou Logo de la ZDF sont adaptés aux enfants à partir de 6 ans. Mais il convient de tenir compte du niveau de développement de l’enfant et il est judicieux de regarder les informations pour enfants ensemble puis d’en parler.

Sur les réseaux sociaux par exemple, les enfants et les adolescent·e·s accèdent aussi à des informations non filtrées et à des images perturbantes. Les photos ont plus d’impact que les mots. C’est pourquoi les parents doivent veiller à accompagner la consommation médiatique des enfants encore plus que d’habitude. Si un enfant a vu des images perturbantes, il faut savoir qu’elles s’estompent avec le temps et que la frayeur peut disparaître en parlant de ce que la photo déclenche chez soi.

À retenir :

  • Autoriser ses propres sentiments et ceux des enfants et les prendre au sérieux.
  • Répondre aux questions des enfants en fonction de leur âge.
  • Se déconnecter des événements internationaux et prendre conscience qu’il est possible de vivre de manière pacifique et heureuse.
  • Identifier les sentiments et en parler : wie-gehts-dir.ch

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Protection de l’enfance Suisse dénonce le non-respect des droits de l’enfant et exige l’application systématique de la CDE-ONU en Suisse. La fondation participe aux débats, s’engage activement en faveur de la protection des enfants et demande aux responsables politiques des structures adaptées aux enfants et aux familles.

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