Une Suisse favorable aux enfants. Vraiment ?

L’exposition « Une Suisse favorable aux enfants. Vraiment ? » se tiendra du 16 novembre 2019 au 20 mars 2020 dans le Palais fédéral de Berne.

Objectif

L’exposition « Une Suisse favorable aux enfants. Vraiment ? » présente au travers de cas réels survenus en Suisse les effets quotidiens concrets pour nos enfants provoqués par les lacunes de la mise en application de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant. Mais cette exposition ne cherche pas uniquement à dénoncer, elle appelle également à enfin passer à l’action. L’année anniversaire 2019 représente en Suisse une opportunité d’améliorer enfin la mise en œuvre des droits de l’enfant pour tous les enfants.

Exposition

L’exposition « Une Suisse favorable aux enfants. Vraiment ?  » est composée de quinze mises en scène. Chacune d’entre elles raconte à partir d’un objet original un cas réel survenu en Suisse. Les cas sélectionnés mettent en lumière les souffrances quotidiennes générées en Suisse par les lacunes toujours présentes dans la mise en œuvre de la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant :

  • En Suisse, un enfant sur deux subit de la violence psychologique et/ou physique au cours de son éducation.

  • En Suisse, la police découvre au moins 20 enfants par jour qui ont été témoins de violence entre leurs parents.

  • En Suisse, des dizaines de milliers d’enfants sont privés de l’un de leurs parents parce que leurs disputes rendent le contact impossible.

  • 30 pour cent des jeunes en Suisse ont déjà subi du harcèlement sexuel sur Internet.

  • Chaque année, au moins 300 enfants sont abusés en Suisse à des fins de pornographie.

  • Selon le canton où il vit, un enfant victime de violence et de négligence a une chance quatre fois plus faible d'être pris en charge de manière professionnelle.
  • En Suisse, une formation systématique préparant au dépistage de la mise en danger du bien-être de l’enfant fait cruellement défaut dans toutes les catégories de professions appelées à travailler avec ou pour les enfants.

  • En Suisse, un enfant sur six soigné en milieu hospitalier pour cause de mauvais traitements est encore un bébé.

  • En Suisse, un enfant sur six voit ses chances de formation diminuer parce qu’il grandit dans un milieu menacé par la pauvreté.

  • Bien qu’ils en aient officiellement le droit, en Suisse, les enfants ne sont pas auditionnés dans certaines procédures les concernant.

  • 23 pour cent des jeunes en Suisse disent qu’il est déjà arrivé que quelqu'un en ligne veuille les « démolir ».
à l'exposition virtuelle
L'exposition virtuelle sera en ligne après l’inauguration.

Contexte

Chaque enfant a le droit de grandir en bonne santé et en sécurité, de développer son potentiel et d’être écouté et pris au sérieux. Ces principes ont été inscrits il y a à présent trente ans de cela dans la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant jusqu’à l’âge de 18 ans lors de l'Assemblée Générale de l'ONU.

La Suisse a ratifié cette Convention en 1997. Aujourd’hui, 22 ans plus tard, le bilan de sa mise en œuvre s’avère très contrasté. Les arguments en faveur des droits de l’enfant attendent toujours d’être intégrés concrètement dans le processus politique.

En raison de leur statut au sein de la société, les enfants sont particulièrement vulnérables et ne sont pas en mesure de défendre eux-mêmes leurs droits. La mise en pratique de leurs droits repose dans les faits sur le trio formé par l’état, les parents et les enfants. Les parents disposent du droit, et sont également soumis au devoir, de protéger leurs enfants, de leur apporter leur soutien et aussi de les guider. L’état se doit pour sa part de créer les conditions nécessaires pour soutenir les parents dans leurs tâches, et si les parents se montrent déficients, d’intervenir.

La Convention accorde certes des droits directement aux enfants, mais leurs capacités de jugement et d’action ne se développent que progressivement en fonction de leur évolution personnelle. Cette situation requiert la mise en place de dispositions conçues pour créer un équilibre adapté entre la responsabilité des parents au niveau de l’éducation et le droit des enfants à prendre des décisions de manière autonome.

La Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant

La Convention de l’ONU a été adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée Générale de l'ONU. Dans un premier temps, les enfants du monde entier se sont vu attribuer des droits tels que la survie, le développement, la protection et la participation.

Ce traité édicte des principes relatifs au traitement des enfants qui s’appliquent partout dans le monde et ceci quelles que soient les différences sociales, culturelles, ethniques ou religieuses. Pour la première fois, les enfants ont été considérés comme des personnes à part entière qui possèdent leurs propres opinions et qui disposent du droit de les exprimer. La Suisse a ratifié cette Convention en 1997.

Cette Convention repose sur quatre principes fondateurs :

  1. La non-discrimination
    Aucun enfant ne doit faire l’objet de discrimination que ce soit en raison de son sexe, de ses origines, de sa nationalité, de sa langue, de sa religion, de la couleur de sa peau, d’un éventuel handicap ou de ses opinions politiques.
  2. L’intérêt supérieur de l'enfant
    Lorsque des décisions doivent être prises qui peuvent avoir des répercussions sur les enfants, l’intérêt supérieur des enfants doit primer. Ceci s’applique aussi bien au niveau de la famille que de l’état.
  3. Le droit à la survie et au développement
    Chaque enfant doit avoir accès à des soins médicaux, bénéficier d’une éducation scolaire et être protégé contre toute forme de mauvais traitements et d’exploitation.
  4. Le droit d’exprimer son opinion
    Tous les enfants doivent être pris au sérieux en tant que personnes et être respectés. Ceci signifie également qu’ils doivent bénéficier de certaines informations en fonction de leur âge et qu’ils doivent être impliqués dans certaines décisions.