Des paroles fortes

Anonyme, aujourd’hui adulte et active comme éducatrice référente dans le domaine de l’aide à la jeunesse

«En tant que personne concernée, voici comment je vois les choses: il est plus facile de mettre en veilleuse son propre corps et d’occulter les douleurs physiques que les douleurs morales. Les blessures physiques peuvent guérir, les hématomes disparaître. En revanche, les paroles méprisantes, la froideur émotionnelle et l’absence, au plus profond de soi, d’un des deux parents se gravent dans l’âme. Mais on peut aussi les occulter. Tout enfant qui apprend à dissocier – et donc à ne plus sentir les souffrances de l’âme – apprend aussi à dissimuler ses propres besoins, à ne plus se défendre, voire même à ne plus s’aimer. Perdre le lien, le contact avec soi-même, et s’orienter plutôt sur ce que les autres, la société ou sa famille d’origine, exigent de vous, peut conduire à des problèmes graves et à des maladies psychiques.
Les enfants qui ont été maltraités par leurs parents ne cessent pas de les aimer. Ils cessent de s’aimer eux-mêmes.»

Anonyme, aujourd’hui adulte et active comme éducatrice référente dans le domaine de l’aide à la jeunesse

Kathrin Schärer, illustratrice de livres d’enfants

«Les enfants ont le droit de grandir dans un cadre protégé, qui leur offre des conditions dans lesquelles ils peuvent se développer librement.
Parallèlement à mon activité d’illustratrice, j’ai travaillé pendant de nombreuses années comme professeure de dessin et de travaux manuels et, lors de tournées de lectures, j’ai pu aussi observer ce qui se passait dans les salles de classe les plus diverses. Une des choses les plus insupportables pour moi, c’était – et c’est encore – de voir la violence psychique que l’on exerce à l’égard des enfants, en les couvrant de ridicule ou en les intimidant, ou en leur inculquant des conceptions de vie rigides et bornées au lieu de leur donner la possibilité de laisser libre cours à leur imagination et à leur créativité. C’est absolument contraire au développement et à la vie, et cela revient à couper l’herbe sous le pied des enfants, au lieu de leur offrir un terreau fertile pour qu’ils grandissent sans crainte et sûrs d’eux dans un environnement affectueux et emphatique où ils peuvent s’épanouir complètement. C’est notre devoir si nous voulons une vie commune harmonieuse.»

Kathrin Schärer, illustratrice de livres d’enfants

Claudia Landolt Starck, mère de quatre enfants, est la principale rédactrice du magazine pour parents suisse Fritz & Fränzi, publié par la Fondation Elternsein

«L’esprit est quelque chose de puissant. Il s’incruste partout – dans les impressions, les expériences ainsi que les mots. Les mots peuvent vous réconforter ou, au contraire, vous blesser profondément; certains vous restent en mémoire toute la journée, d’autres des années durant. Les mots ont un grand pouvoir; jour après jour, ils influencent notre façon de penser et d’agir, notre perception et notre mémoire sélective. C’est la même chose pour les enfants. Je préconise donc une grande prudence dans le choix des mots que nous employons, surtout à l’égard de nos propres enfants. Presque tous les parents connaissent le problème: dans leurs chambre, il règne un chaos indescriptible; ils se chamaillent, se plaignent et râlent tout le temps. Il arrive un moment où la coupe est pleine, où l’un des deux parents élève la voix, se fâche et se met à crier contre ses enfants. Notre patience est à bout et nous nous entendons prononcer des phrases comme: ‹Tu ne vas pas quitter la maison comme ça!› ou bien: ‹Tu ne peux pas tout simplement ranger tes affaires! Il faut que tu les laisses traîner partout…› Mais aussi: ‹Tu ne vas pas pleurer maintenant! C’est bien de ta faute.› Vous rouspétez, tout en vous faisant des reproches. Car vous savez au fond très bien qu’il y a une différence entre parler à l’enfant à la première personne et lui proposer des solutions, ou s’adresser à lui en le tutoyant et en portant un jugement négatif sur son comportement. Pourtant, on ne s’arrête pas: on est fâché et, très vite, on en vient à prononcer des paroles humiliantes. La violence verbale prend plusieurs formes – fulminer, crier, faire des remarques désobligeantes, pour n’en citer que trois. Si vous dites constamment à un enfant: ‹Comment peut-on être aussi lent/distrait/égoïste/bête!›, c’est aussi terrible que si vous le frappiez. Des recherches ont montré que la violence verbale a des conséquences aussi graves pour le développement de l’enfant que des blessures physiques. Les mots laissent des traces dans la structure cérébrale. Les enfants ne méritent pas qu’on les blesse, quelles que soient les bêtises qu’ils ont commises. C’est toujours à nous autres parents (et non pas aux enfants) qu’il incombe de créer un climat harmonieux dans la famille. Et ce n’est pas en les humiliant, en les injuriant ou en les punissant que nous y arriverons.» 

Claudia Landolt Starck, mère de quatre enfants, est la principale rédactrice du magazine pour parents suisse Fritz & Fränzi, publié par la Fondation Elternsein

Niklaus Egloff, Dr med. et dozent à la Faculté de médecine de l’Université de Berne

«Je travaille dans le domaine de la médecine de l’adulte. Les adultes sont les enfants d’hier. Dans le cadre de mon activité, le traitement de la douleur, il s’est avéré que les patient·e·s présentant de graves fibromyalgies ont, dans une proportion supérieure à la moyenne, souvent subi des violences dans leur enfance. Longtemps, on n’arrivait pas à s’imaginer que ce qu’un enfant subit peut avoir des conséquences sur sa santé d’adulte. Entretemps, de nombreuses études réalisées dans le monde entier ont montré la corrélation entre les expériences négatives vécues dans l’enfance et la santé de l’adulte. Le fait est que, chez l’enfant, le système de régulation des nerfs et du stress est particulièrement sensible, et que le corps n’oublie quasiment jamais.
Mais, à l’inverse, la corrélation ‹positive› est également valable: si nous réussissons, au niveau de la société et de la famille, à faire que les enfants bénéficient d’une attention de tous les instants et d’une affection sans faille de la part de leurs parents, nous contribuons largement au bien-être physique et psychique du futur adulte. Autrement dit, si l’on veut promouvoir à long terme la santé d’une société, cela implique nécessairement des changements de valeurs au profit d’une politique favorable à l’enfant et à la famille. Car les enfants sont les adultes de demain.»

Niklaus Egloff, Dr med. et dozent à la Faculté de médecine de l’Université de Berne

Giulia Zanga, étudiante en master de psychologie et des sciences de l’éducation, dirige des camps de vacances pour des enfants handicapés (association ATGABBES)

«Je suis une étudiante de 26 ans. Depuis des années, je suis en contact étroit avec des enfants et leurs familles. Moi-même, je n’ai pas d’enfant, mais, en raison de mes expériences, j’ai pu à plusieurs reprises constater que la violence, qu’elle soit physique ou verbale, ne constitue jamais une solution appropriée en cas de problèmes. L’éducation des enfants et des jeunes n’est pas chose facile de nos jours. La société dicte ses conditions et attend de chaque individu qu’il agisse de manière indépendante et efficace dans tous les domaines, aussi bien au travail qu’au sein de la famille. Il est toujours plus difficile de s’adapter à ces exigences accrues et de suivre le rythme. Les parents, en particulier, se laissent mettre sous pression et aimeraient être parfaits. Or, personne ne l’est; chacun a ses bons et ses mauvais jours, et à certains moments, il arrive que l’on craque. Nous sommes des êtres humains et chacun d’entre nous a ses points forts et ses faiblesses. Recourir à la violence semble souvent le moyen le plus rapide et le plus efficace pour s’en sortir. En réalité, le plus important (et le plus difficile), c’est de demander de l’aide et de réussir à voir les choses sous un autre angle, qui nous permette d’agir différemment, pour le plus grand bien, sur le plan physique et psychique, de nos propres enfants.
Dans ma profession, j’ai pu constater que de nombreux parents ont tout simplement peur qu’en demandant de l’aide, on considérera qu’ils ne sont pas à la hauteur. Je pense que nous pouvons tous faire de notre mieux pour mettre fin à cette perception négative. Or, nous devons écouter ceux et celles qui rencontrent des difficultés et aider les personnes concernées à chercher d’autres stratégies pour résoudre le problème.»

Giulia Zanga, étudiante en master de psychologie et des sciences de l’éducation, dirige des camps de vacances pour des enfants handicapés (association ATGABBES)

Stefanie Rietzler est psychologue et auteure d’ouvrages pédagogiques sur les enfants. Elle dirige en outre l’Akademie für Lerncoaching avec Fabian Grolimund. (Photo: Franziska Messner-Rast)

«‹J’ai aussi provoqué de telles réactions, parce que je n’étais pas toujours sage / que j’ai cassé quelque chose / que je ne travaillais pas bien à l’école – je ne méritais que cela.› J’entends régulièrement de tels propos de la part d’adultes qui, enfants, ont été houspillés, humiliés et battus lorsqu’ils avaient fait quelque chose de travers aux yeux de leurs parents. Cela me touche à chaque fois jusqu’au plus profond de mon être.
Nul ne le contestera: les enfants poussent leurs parents à bout. Ils exigent de l’amour, une protection, la sécurité, notre confiance, notre temps et toute notre attention. Ils ont besoin de garde-fous sur lesquels ils puissent s’orienter; d’une personne qui leur donne l’exemple, de laquelle ils peuvent apprendre et à laquelle ils peuvent se confronter de temps à autre – une personne qui soit prête à les accueillir quand ils ne savent plus comment s’en sortir tout seuls. Mais jamais les enfants ne réclament de la violence!»

Stefanie Rietzler est psychologue et auteure d’ouvrages pédagogiques sur les enfants. Elle dirige en outre l’Akademie für Lerncoaching avec Fabian Grolimund. (Photo: Franziska Messner-Rast)

Moritz Daum, père de 3 enfants, professeur de psychologie du développement à l’Institut de psychologie de l’Université de Zurich

«La langue est sans doute notre source la plus inépuisable de magie. Joanne K. Rowling, une femme forte, a mis dans la bouche d’Albus Dumbledore, un homme fort, des paroles fortes. Dans le dernier film de Harry Potter, elle lui fait dire à Harry: ‹Les mots sont […] notre plus inépuisable source de magie, Harry. Ils peuvent à la fois infliger des blessures et y porter remède.›
Le langage humain est un instrument puissant et magique. L’être humain dispose d’instruments innés qui lui permettent de produire du langage et de le comprendre: un cerveau ainsi que des organes de perception et de production du langage. Les enfants commencent très tôt à comprendre le langage et à le produire. Pour cela, ils ont besoin d’être stimulés par leur entourage. Plus les enfants entendent de mots, plus riche sera leur propre vocabulaire. Et plus riche il le sera, mieux ils comprendront plus tard les textes et apprendront leur contenu. Si, par exemple, je comprends rapidement un problème mathématique, je peux investir totalement mes ressources cognitives dans la solution de ce problème, au lieu de perdre du temps à comprendre le texte. Une langue variée contribue ainsi à une maîtrise de la lecture, et donc à l’éducation et au succès scolaire.
Le langage aide les enfants à décrire leurs sentiments de manière différenciée, et ainsi à les réguler. Le contrôle et la régulation des émotions est d’une importance inestimable pour le développement des enfants. Ceux qui maîtrisent bien leurs émotions comprennent mieux ce que ressentent les autres, sont moins agressifs, ont un comportement social plus positif et une plus grande confiance en eux-mêmes. Si les enfants disposent d’un grand nombre de mots, ils sont capables de régler des conflits au moyen d’arguments plutôt qu’à coups de poings. Ils peuvent se faire entendre au moyen de leurs arguments.
Les enfants ont besoin de nombreux mots et d’une grande richesse de vocabulaire pour produire des paroles fortes et devenir de fortes personnalités. Si les parents parlent très tôt avec leurs enfants en utilisant des termes d’une grande diversité, et qu’eux-mêmes écoutent quand ces derniers leur parlent, ils contribuent de manière non négligeable à leur développement.»

Moritz Daum, père de 3 enfants, professeur de psychologie du développement à l’Institut de psychologie de l’Université de Zurich

Manu Burkart, père de 3 enfants et comique au Cabaret Divertimento

«Je suis père de 3 enfants. Le plus jeune a 2 ans ½, le plus âgé 8 ans. Comme tous les parents, nous avions prévu de leur offrir un foyer chaleureux et un havre de paix. Pour nous, la violence, qu’elle soit physique ou verbale, est inacceptable!
Pour permettre aux enfants de se construire, de se sentir en sécurité et de s’orienter, des règles et des limites sont absolument nécessaires. Face au stress de la vie quotidienne, je constate toutefois que ma patience et ma compréhension sont mises à rude épreuve, et je me sens souvent démuni et débordé par les événements. Suivant l’humeur du jour, je peux m’emporter lorsque les enfants ne respectent pas les règles convenues et dépassent les limites ou que ma résistance nerveuse laisse à désirer. Je pense alors à ma mère. Il n’était pas rare qu’avec mes 3 frères et sœurs, tout soit sens dessus dessous à la maison. Dans ces cas-là, elle se réfugiait dans l’une des fermes voisines, où elle prenait un peu d’exercice, respirait profondément, puis revenait à la maison plus détendue. Si elle n’avait pas eu cette possibilité, elle aurait certainement fini par craquer. Chez moi, c’est la même chose. Quand il y a des situations de cette sorte ou des phases difficiles, nous essayons de trouver un moment favorable pour parler aux enfants, leur expliquer nos sentiments, notre déception ou notre colère. Nous nous gardons bien de les condamner; nous ne critiquons pas l’enfant, mais son comportement. Une attitude qui peut paraître sage – en réalité, s’exercer à la patience, à prendre son temps, à rester calme, c’est un entraînement de tous les instants.
Je suis un être humain, il m’arrive de faire des erreurs, de perdre mon sang-froid. A la maison, nous nous disputons, et parfois le ton monte. Nos enfants ont appris très tôt que, dans toutes les circonstances de la vie, des énergies négatives sont libérées. Mais à chaque fois, ils font l’expérience qu’il est possible de faire la paix et de se réconcilier. Je devrais saisir de telles occasions pour m’excuser auprès de ma partenaire ou de nos enfants. Et je suis sûr qu’ainsi, les enfants sentiraient que je nous les aimons plus que tout.»

Manu Burkart, père de 3 enfants et comique au Cabaret Divertimento

Valeria Nidola, institutrice, conteuse et libraire

«Je suis une conteuse. Dans toutes les écoles du Tessin, dans les crèches, mais aussi dans les maisons de retraite, je rencontre des enfants, des jeunes et des adultes. Des centenaires aussi bien que des enfants de deux ans. Voilà 36 ans que je fais ce travail. Et j’ai aussi une librairie – une sorte de pharmacie littéraire – à Viganello. Je veille au bien-être de tous et de toutes au moyen d’histoires et de livres. Mais je ne le fais pas exprès. Cela arrive, tout simplement.
Quand j’entre dans une classe, je raconte, j’écoute et je ris. Je suis émue et je chante en m’accompagnant à la guitare. Quand je quitte la salle, j’ai le sentiment de posséder un petit sac de perles que je n’avais pas auparavant. Quand tu écoutes les enfants, ils t’offrent des perles. Il faut être gentil avec les enfants. On doit travailler pour eux. S’ils sentent que tu as préparé quelque chose spécialement à leur intention – une histoire, un jeu, une comptine –, ils te respectent et ils t’aiment. J’ai la chance d’avoir une voix chaude et profonde, et je ne dois jamais hausser le ton. Crier ne sert absolument à rien. Quand on se met à crier, tout est perdu.
Je le dis et je le répète: il faut être gentil avec les enfants. Si un enfant a peur de l’eau, le professeur de natation devra faire preuve de beaucoup de patience avec lui. Si un enfant en camp de vacances a le cafard et la nostalgie de la maison, il faut le prendre dans ses bras. Si un enfant ne veut pas lire devant toute la classe, il ne faudrait pas l’y obliger. 
Mais il faut aussi apprendre aux enfants à être gentils avec les autres. ‹A chaque droit correspond un devoir.› ‹La guerre doit être combattue à l’aide de la paix.› C’est la phrase qui m’a le plus souvent guidée dans la vie. Lisez avec vos enfants le livre de Paola Momiroli, ‹Ranocchio Scarabocchio›, et vous comprendrez. Elle y explique comment lutter contre le mobbing. Après cela, les enfants disent des choses merveilleuses. Essayez, et vous verrez: ça marche!»

Valeria Nidola, institutrice, conteuse et libraire

Prof. Dr Allan Guggenbühl, psychothérapeute et auteur de nombreux ouvrages, directeur de l’Institut für Konfliktmanagement à Zurich

«Chaque culture est convaincue de respecter les enfants et de tout faire pour assurer leur bien-être. Les apparences sont malheureusement trompeuses. Nous ne devons pas seulement nous bercer de belles paroles. Ce qui compte, c’est comment les enfants se sentent vraiment. Il est important d’observer autour de soi. Aujourd’hui encore, en Suisse, on peut constater des comportements inquiétants à l’égard des enfants. Les écoles organisent des entretiens destinés à faire le point, au cours desquels plusieurs adultes essaient d’influencer un élève et critiquent son comportement ou sa personnalité. Pour ces enfants, cette situation est terrible. Et comment la justifie-t-on? On ne veut que le bien de l’enfant, garçon ou fille. Or, on se fonde sur des normes comportementales irréalistes. Ces enfants sont punis parce qu’ils font des objections, réagissent de manière émotionnelle ou sont turbulents. Le plus préoccupant, c’est que de nombreux enfants sont victimes de violence et de harcèlement – à la maison ou de la part de leurs camarades. La plupart du temps, ces débordements sont dus au surmenage, à des problèmes existentiels ou psychiques chez leurs proches. Ces enfants se sentent démunis, se voient entraînés dans un conflit de loyauté et dissimulent leur détresse.  C’est la raison pour laquelle nous avons lancé le projet CliqCliq – les enfants s’entraident (www.cliqcliq.ch). Il s’agit de donner aux enfants, au moyen d’histoires et de festivals de contes organisés spécialement pour eux sous la direction de jeunes, un langage qui leur permette d’exprimer ce qu’ils ont vécu et de discuter de leurs problèmes. Nous pouvons ainsi les aider sans que leur loyauté vis-à-vis de leur famille n’en souffre, afin qu’ils ne soient plus seuls avec leurs traumatismes.»

Prof. Dr Allan Guggenbühl, psychothérapeute et auteur de nombreux ouvrages, directeur de l’Institut für Konfliktmanagement à Zurich

Lorenz Clormann, père de deux enfants et Creative Director auprès de l’agence de publicité Jung von Matt/Limmat

«Cette rubrique s’intitulant ‹Des paroles fortes de personnalités fortes›, j’aimerais écrire ici quelques mots prononcés par mes enfants, car, pour moi, ils sont actuellement les personnalités les plus fortes dans ma vie. ‹Papa, quand est-ce qu’on va enfin partir à nouveau en vacances?› Une phrase banale en soi, mais qui, pour ma fille, représente tout un monde. Pourquoi les vacances sont-elles si importantes à ses yeux? Parce que nous passons du temps ensemble, parce que nous rions, nous jouons et nous nous défoulons ensemble. Pour les enfants, partager ces moments avec leurs parents, paisiblement et sans soucis, est le plus grand bonheur qu’ils puissent connaître. Malgré une profession exigeante, et parfois des moments stressants dans notre vie de parents, j’essaie toujours d’être à l’écoute de mes enfants. Et pas seulement de leurs paroles, mais aussi de leur cœur.»

Lorenz Clormann, père de deux enfants et Creative Director auprès de l’agence de publicité Jung von Matt/Limmat

Prof. Dr. Guy Bodenmann, psychologue spécialisé dans la recherche sur le couple et la famille, développeur d’un programme de promotion de la santé du couple (Paarlife)

«Les enfants écrivent l’histoire future. Les parents et autres personnes qui leur sont proches leur donnent des racines. Leur amour et leur sollicitude, les sentiments de protection et de sécurité, le soutien et l’assistance qu’ils leur apportent constituent le terreau qui permettra aux enfants une croissance saine et sont la condition préalable au développement de leur potentiel. Or, la violence menace ce processus, quand elle ne l’annihile pas. Comment les enfants pourront-ils, à l’avenir, créer un monde agréable et pacifique s’ils ne l’ont pas connu eux-mêmes, s’ils n’ont pas pu faire l’expérience que leurs proches leur sont chers, qu’ils les aiment et les estiment. Toutefois, pour pouvoir offrir aux enfants ce contexte favorable à leur développement, il faut être soi-même bien équilibré, et disposer pour cela des ressources nécessaires. C’est par là qu’il faut commencer. Les familles doivent être soutenues. Nous devons agir préventivement et épauler les parents là où ils en ont le plus besoin: au niveau de leurs possibilités financières, de leur disponibilité, de la qualité de leur partenariat, de leurs compétences pédagogiques ou de leur état psychique. Nous devons les aider à trouver des alternatives à l’agressivité et à la violence, en renforçant leurs ressources.»

Prof. Dr. Guy Bodenmann, psychologue spécialisé dans la recherche sur le couple et la famille, développeur d’un programme de promotion de la santé du couple (Paarlife)

Mirjam Werlen, experte juridique dans le domaine de la protection de l’enfant, membre d’InterAction Suisse, l’Association suisse pour les intersexes, qui s’engage également pour le soutien des parents.

«Oui, les enfants vivent la violence comme une atteinte sévère à leur propre sentiment de sécurité et leur respect de soi. Mais elle affecte aussi leur développement, avec des conséquences qui iront au-delà de l’enfance. Comment pouvons-nous garantir l’intérêt supérieur de l’enfant, et quand les parents dépassent-ils les limites, lorsqu’il s’agit d’un aspect social et culturel de la violence? En Europe également, ce problème existe. Si le corps de l’enfant ne correspond pas aux normes des caractéristiques sexuelles traditionnelles d’un point de vue chromosomique, hormonal et/ou génital, cela constitue un véritable défi pour les parents. Mais, en Suisse aussi, ne devons-nous pas lutter contre les interventions visant à modifier le sexe de l’enfant, tout comme nous l’avons fait en interdisant les mutilations génitales féminines? Ces interventions irréversibles, qui portent atteinte à l’intégrité de l’enfant, empêchent son développement et menacent son bien-être au-delà de l’enfance. Il en va de même pour les mutilations génitales féminines. C’est pourquoi cette forme de violence, qui se fonde sur des stéréotypes traditionnels ou culturels, ne saurait être tolérée. Il existe d’autres solutions non violentes.»

Mirjam Werlen, experte juridique dans le domaine de la protection de l’enfant, membre d’InterAction Suisse, l’Association suisse pour les intersexes, qui s’engage également pour le soutien des parents.

Fabio Regazzi, Conseil national PDC, membre de la commission politique de Protection de l’enfance Suisse

«En tant que Conseiller national, j’ai le droit et le devoir de réfléchir aux règles et donc de respecter d'autres opinions. Je n’inflige aucune douleur physique ou psychique à mon vis-à-vis si son idée m’énerve. Ce qui vaut pour les débats politiques s’applique aussi au sein de la famille. Fixer des règles et s’y tenir est également important dans l’éducation de même que respecter l’enfant. C'est pourquoi je me rallie à la campagne de Protection de l'enfance Suisse: ‹Idées fortes — il y a toujours une alternative à la violence›.»

Fabio Regazzi, Conseil national PDC, membre de la commission politique de Protection de l’enfance Suisse

Nina Wägli, mère de trois garçons de 7, 5 et 4 ans, actrice de formation et animatrice socioculturelle – mais surtout, «docteur Rêves» pour la Fondation Théodora

«Chaque jour, avec mes enfants, je suis confrontée à des situations qui me font toucher mes propres limites. Non seulement à la maison où,  de temps à autre, nos trois garçons s’amusent comme des petits fous pendant des heures et des heures, mais aussi dans mon métier. En tant que ‹docteur Rêves›, j’ai la chance de pouvoir offrir à des enfants hospitalisés et à leurs familles quelques moments hauts en couleur, magiques, et parfois aussi  complètement délirants, qui les sortent du train-train quotidien de l’hôpital. Comme le rôle de mère, c’est très gratifiant, mais cela demande aussi beaucoup de force et d’énergie. L’humour est pour moi une stratégie de survie, aussi bien dans ma vie privée que dans mon environnement professionnel. Ce que nous investissons en tant que parents constitue le terreau idéal pour qu’un enfant se développe et s’épanouisse pleinement. Dans les moments difficiles, avoir recours à l’image intérieure du grand-huit peut être utile: on boucle le harnais, on se cale bien dans son fauteuil, et hop, c’est parti! La nacelle fonce, qu’on le veuille ou non. Une telle attitude aide aussi l’enfant: il faut passer par là, quoi qu’il arrive. Et il y aura bien un moment – tôt ou tard – où nous pourrons en rire.»

Nina Wägli, mère de trois garçons de 7, 5 et 4 ans, actrice de formation et animatrice socioculturelle – mais surtout, «docteur Rêves» pour la Fondation Théodora

Claudia Bischofberger, mère de trois enfants et responsable des cours Parents Plus®

«Accompagner des enfants apporte, d’une part, beaucoup de joie et de bonheur, mais c’est aussi l’un des plus gros défis que nous ayons à relever dans la vie. J’en ai fait moi-même l’expérience au quotidien, avec nos trois filles. Dans les cours de Parents Plus® que je dirige, les pères et les mères peuvent apprendre comment réagir dans des situations de crise, comment créer une relation positive et avoir une attitude moins crispée et plus de plaisir dans leur vie quotidienne. Ils apprécient beaucoup le fait que je leur parle d’anecdotes que j’ai vécues, et sont soulagés de savoir que tous les parents – moi aussi, du reste – sont confrontés aux mêmes questions. En échange, dans les cours, je profite aussi de l’expérience des participants. A leur contact, j’apprends souvent des choses utiles pour ma vie quotidienne. Malheureusement, dans la société et dans la tête de nombreuses personnes, l’idée qu’une ‹petite fessée› ou une ‹petite gifle› n’a jamais fait de mal à un enfant, est largement répandue. C’est la raison pour laquelle mon activité est très importante pour moi, et j’espère réussir à montrer aux parents d’autres comportements possibles à l’égard de leurs enfants, car il y a toujours une alternative à la violence.»

Claudia Bischofberger, mère de trois enfants et responsable des cours Parents Plus®

Fabian Grolimund, psychologue, auteur d’ouvrages pédagogiques, directeur de l’Akademie für Lerncoaching à Zurich et père de deux enfants

«Je suis toujours étonné et bouleversé quand j’entends des déclarations comme ‹une bonne gifle n’a jamais fait de mal›. Bien sûr que si! En tant que parent, notre tâche la plus importante est de proposer à nos enfants une relation stable. Rien ne prépare mieux un enfant à sa vie d’adulte que des parents qui sont capables de lui transmettre le message suivant: ‹Je veille sur toi, je suis là pour toi, je t’accepte tel que tu es, et j’aime passer du temps avec toi. Tu es le bienvenu dans ma vie.› Les châtiments corporels et la violence psychique détruisent ce lien. Les enfants qui ont peur de leurs parents sont constamment en état d’alarme. Si nous voulons que nos enfants deviennent des adultes libres et sains, nous devons trouver, avec eux, des solutions qui ne se basent ni sur la violence, ni sur la contrainte, et qui n’instaurent pas le droit du plus fort.» 

Fabian Grolimund, psychologue, auteur d’ouvrages pédagogiques, directeur de l’Akademie für Lerncoaching à Zurich et père de deux enfants

Lisa Werthmüller, conseillère psychologique diplômée et spécialiste de coaching parental, mère d’une fille adulte

«Quand nous parlons d’éducation non violente, nous ne devons pas uniquement nous concentrer sur la violence physique. En effet, dans l’éducation traditionnelle, la violence psychique est toujours utilisée, avec ses mécanismes typiques, même si l’on n’en est pas conscient.  Voilà pourquoi, en ce qui me concerne, je m’efforce d’attirer l’attention des parents sur les méthodes destructives, en m’appuyant parfois sur  des rapports publiés dans les médias et sur la pression sociale. Si, dans leur enfance, des parents ont eu affaire à des personnes de référence qui utilisaient la violence psychique et physique comme mesures d’éducation éprouvées, ils ne trouvent généralement pas d’alternatives pour traiter des situations conflictuelles et se sentent souvent démunis. Le comportement de l’enfant peut déclencher une réaction et les amener à projeter ces expériences douloureuses et les sentiments qui en découlent dans un acte de violence involontaire à l’égard de leurs propres enfants. De nombreuses situations de conflits ou de surmenage dans le quotidien éducatif des familles pourraient être évitées, si nous ne refoulions pas les événements marquants de notre enfance. Prendre conscience de ses propres sentiments et adopter une ‹nouvelle› stratégie efficace pour apaiser la situation peut mettre un terme à ce cercle vicieux, qui, sinon, continuera de se retransmettre de génération en génération.»

Lisa Werthmüller, conseillère psychologique diplômée et spécialiste de coaching parental, mère d’une fille adulte

Viola Amherd, conseillère fédérale, ancienne membre du Conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

«Les enfants sont curieux. Ils veulent comprendre le monde et participer à la vie de la famille. Confrontés à la violence, qu’elle soit physique ou psychique, les enfants perçoivent le monde comme quelque chose de détestable. La violence les empêche de participer pleinement à la vie sociale. C’est pourquoi nous devons continuer de discuter de la violence dans l’éducation, au sein de la famille et dans toute la société. En effet, les enfants ne sont pas capables de se défendre eux-mêmes. Ils ont besoin de protection et de soutien. Et ils le méritent, sans aucune restriction. Car, en définitive, les enfants sont la base de la société de demain.»

Viola Amherd, conseillère fédérale, ancienne membre du Conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

Flavia Wasserfallen, conseillère nationale, présidente de l’Association suisse des consultations parents-enfants et mère de trois enfants.

«Il est facile de faire de grandes déclarations, et, nous autres parents, nous avons de l’énergie à revendre. Mais il nous arrive aussi d’être faibles et d’être confrontés à nos limites lorsqu’il s’agit de l’éducation de nos enfants. Or, reconnaître ses propres limites, c’est faire preuve d’une certaine force, et savoir que l’on n’est pas seuls est encourageant. C’est précisément là que la campagne de sensibilisation de Protection de l’enfance Suisse est utile. Il s’agit de lever un tabou à ce sujet, et elle montre clairement qu’il existe toujours des alternatives à la violence. En tant que présidente de l’Association suisse des consultations parents-enfants, il est important pour moi que nous soyons en mesure de proposer rapidement aux pères et aux mères un soutien efficace et adéquat en matière d’éducation. Mais la balle est aussi dans le camp des milieux politiques – ils doivent accorder une plus grande attention à l’éducation non violente. Il ne suffit pas de prononcer de beaux discours! Outre les offres d’assistance pour les parents, il faut également des réponses politiques à leurs problèmes. Nous le devons bien aux enfants.»

Flavia Wasserfallen, conseillère nationale, présidente de l’Association suisse des consultations parents-enfants et mère de trois enfants

Patrizia Luger, formatrice pour adultes avec brevet fédéral, éducatrice spécialisée dans la petite enfance, mère de trois enfants, responsable agréée du programme Parents plus®

«Dans leurs tâches éducatives quotidiennes, les parents sont constamment sollicités, parfois trop. Cela peut les amener à dépasser les limites – ce qu’ils regrettent après coup et qui leur laisse un sentiment désagréable. La violence détruit toujours quelque chose dans la relation parents-enfants. Elle laisse des traces. Parlons de la violence. Elle n’est pas une solution. Elle est un signe de surmenage. Parlons-en ouvertement et ayons le courage d’échanger des idées à ce sujet. Il ne s’agit pas de blâmer les parents. Nous devons plutôt leur proposer des méthodes concrètes et non violentes, qu’ils pourront appliquer dans leurs relations avec leurs enfants. Les parents doivent prendre conscience qu’il est possible de maîtriser ses émotions. Ils doivent trouver un moyen de juguler leur irritation, leur colère et leur agressivité. Chercher une méthode qui leur permettra d’évacuer la tension, au lieu de s’en prendre à leurs enfants . Les parents devraient demander suffisamment tôt de l’aide, afin d’apprendre des méthodes alternatives non-violentes, et les utiliser à des fins éducatives. En tant que responsable de Parents plus®, un programme destiné aux parents, je leur enseigne de telles méthodes et j’aborde aussi d’autres thèmes dans des ateliers et des cours. C’est à chaque fois une expérience enrichissante pour moi, et pour l’éducation de mes propres enfants.»

Patrizia Luger, formatrice pour adultes avec brevet fédéral, éducatrice spécialisée dans la petite enfance, mère de trois enfants, responsable agréée du programme Parents plus®

Moana Werschler, blogueuse du site www.missbroccoli.com qui donne des conseils aux mères, notamment en matière d’alimentation; experte en légumes et spécialiste des médias, mère de deux fils (5 mois et trois ans et demi)

«Chaque jour, les enfants nous montrent que nous pouvons nous améliorer – mais ce n’est pas une tâche facile. Actuellement, j’arrive parfois à mes limites avec mon fils aîné; savoir comment réagir constitue un véritable exercice d’équilibre. Ce qui m’aide, c’est de comprendre pourquoi la phase d’autonomie est nécessaire. Parfois, je respire profondément et je sors de la pièce un petit moment. Cette phase de désescalade nous aide tous les deux. Parfois je ris, tout simplement; cela nous a déjà été utile (à lui comme à moi). D’un autre côté, il me montre, tel mon miroir, quelle responsabilité nous avons, nous autres parents,  si nous voulons que nos enfants deviennent des adultes sains et forts. C’est comme un légume dans le jardin: parfois le vent souffle et il pleut, mais la plante en a besoin pour pouvoir pousser comme il faut quand il fait du soleil.»

Moana Werschler, blogueuse du site www.missbroccoli.com qui donne des conseils aux mères, notamment en matière d’alimentation; experte en légumes et spécialiste des médias, mère de deux fils (5 mois et trois ans et demi)

Dr Niamh Oeri, post-doc au département Psychologie du développement à l’Université de Berne

«Subir de la violence dans son jeune âge peut affecter le développement infantile, et ce à différents niveaux. Des recherches en la matière ont montré que l’expérience précoce de la violence pouvait nuire au développement du cerveau. Ces modifications neuronales peuvent à leur tour avoir une influence négative sur le développement émotionnel et social de l’enfant ainsi que sur le développement de ses capacités de réflexion. Les conséquences d’actes de violence subis durant l’enfance sont profondes et d’une portée considérable. Il est donc extrêmement important d’éviter toute violence à l’égard des enfants dans leur éducation. Cela est crucial, d’une part, pour le bon développement de l’enfant, d’autre part pour promouvoir un avenir sans violence.»

Dr Niamh Oeri, post-doc au département Psychologie du développement à l’Université de Berne

Caroline Märki, fondatrice et directrice de familylab.ch et conseillère familiale appliquant les méthodes du thérapeute danois Jesper Juul

«‹Autrefois, il était plus simple d’éduquer des enfants, car ils obéissaient encore.› J’entends régulièrement cette phrase et je dois dire que je suis même d’accord. Toutefois, les enfants n’obéissaient pas parce qu’ils éprouvaient davantage de respect à l’égard des adultes, mais parce qu’ils avaient peur de la violence physique et psychique des éducateurs. Or, une relation basée sur l’anxiété, la honte et la culpabilité ne conduit jamais à un état psychique stable et sain. L’objectif de l’éducation actuelle devrait être le respect de la personnalité de l’enfant, dès son plus jeune âge, au sein de la famille comme dans les institutions. Car c’est le seul moyen pour que les enfants deviennent de jeunes adultes dotés d’une bonne santé psychique et mentale et de compétences psychosociales suffisantes. N’est-ce pas justement ce dont notre société a impérativement besoin?»

Caroline Märki, fondatrice et directrice de familylab.ch et conseillère familiale appliquant les méthodes du thérapeute danois Jesper Juul

Géraldine Marchand-Balet, mère de deux enfants adultes, conseillère nationale PDC

«Les enfants ne sont pas suffisamment protégés en Suisse. Je l’ai vu dans le cadre de mon activité professionnelle. Malheureusement, cette observation personnelle est également démontrée par le nombre élevé de cas de maltraitance physique et psychique d’enfants. Sur la base de l'expérience d'autres pays, on sait que deux mesures réduisent le nombre de cas: des campagnes de sensibilisation et une base juridique claire. Les deux sont en cours. D’une part, la campagne de sensibilisation de la fondation Protection de l’enfance Suisse atteint la population générale, et, d’autre part, j’ai déposé, avec mes collègues de parti et d’autres parlementaires, une intervention parlementaire pour l'ancrage juridique d’une éducation non violente. La politique est maintenant responsable d’établir une base juridique claire. Le débat doit avoir lieu maintentant.»

Géraldine Marchand-Balet, mère de deux enfants adultes, conseillère nationale PDC

Monika Fellenberg, chargée de cours à l’Institut Intégration et participation, Hochschule für Soziale Arbeit FHNW; membre du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

«La violence nuit aux enfants, on le sait depuis longtemps. Or, il y a TOUJOURS une alternative à la violence!»

Monika Fellenberg, chargée de cours à l’Institut Intégration et participation, Hochschule für Soziale Arbeit FHNW; membre du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

Ellen Girod, journaliste indépendante, mère de deux fillettes (de 2 et de 4 ans) et fondatrice de Chezmamapoule.com – le magazine web pour un monde qui respecte les enfants

«Au fond, ce serait tellement simple: ne fais pas à un enfant ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse à toi-même. Malheureusement, une telle attitude n’est pas encore la règle dans notre société. Nous sommes encore marqués par la notion d’obéissance aveugle (https://chezmamapoule.com/arno-gruen-wider-den-gehorsam/). A cela vient s’ajouter le fait qu’être parents est une tâche extrêmement exigeante. Il ne faut pas se leurrer – en tant que mère, on est confronté chaque jour à ses propres limites. Et c’est précisément la raison pour laquelle les parents ont besoin de soutien et d’aide. Il est nécessaire d’organiser des campagnes de sensibilisation, de faire entendre la voix des personnes concernées et de lancer des idées qui plaident pour une vie familiale sans violence. Pour une vie où les enfants sont considérés d’égal à égal.»

Ellen Girod, journaliste indépendante, mère de deux fillettes (de 2 et de 4 ans) et fondatrice de Chezmamapoule.com – le magazine web pour un monde qui respecte les enfants

Nadja Zimmermann, entrepreneuse, écrivaine et blogueuse, mère de deux filles de 12 et de 7 ans

«Dans l’éducation des enfants, il s’agit d’être là ‹dans les bons comme dans les mauvais moments›. Et c’est précisément dans les mauvais moments que cette règle joue un rôle essentiel. Nous devons veiller à garder une attitude respectueuse à l’égard de nos enfants, même si les choses ne vont pas comme nous le souhaiterions. En ce qui me concerne, lorsque je me sens bien, j’affronte des situations critiques de manière très différente. Je suis plus détendue, sereine, et j’aborde la journée avec une plus grande insouciance. Cela a naturellement des répercussions. Il en résulte une toute autre dynamique. Il nous faut donc commencer par nous-mêmes, veiller à notre propre équilibre et ne pas nous laisser abattre par les turbulences familiales. Respirer à fond une bonne fois n’aura pas d’effet durable. Seules les personnes qui sont attentives à leurs propres besoins, et pour lesquelles l’amour-propre ainsi que les soins personnels ne sont pas de vains mots auront suffisamment d’énergie pour offrir sans réserve aux autres toute l’attention qu’ils requièrent. Comme le dit un proverbe anglais, ‹If mommy ain’t happy, ain’t nobody happy› (Si maman n’est pas heureuse, personne ne l’est)! La violence est toujours un signe de stress et de faiblesse. Quelqu’un qui est en paix avec lui-même aborde les autres de manière complètement différente.»

Nadja Zimmermann , entrepreneuse, écrivaine et blogueuse, mère de deux filles de 12 et de 7 ans

Prof. Dr Martin Hafen, professeur et spécialiste de la prévention à la Haute école de travail social de Lucerne

«L’utilisation de la violence physique et communicative est un signe d’impuissance. Nous autres adultes, nous devons être capables de venir à bout de notre propre faiblesse d’une autre manière, car la violence nuit durablement au développement de nos enfants. Reconnaître ses propres faiblesses et ses limites, et recourir à l’assistance d’autrui est par conséquent l’une des principales conditions d’une éducation non violente. Autre condition préalable, il faut pour cela que des offres de soutien faciles d’accès soient rapidement disponibles.»

Prof. Dr Martin Hafen, professeur et spécialiste de la prévention à la Haute école de travail social de Lucerne

Christine Bulliard-Marbach, conseillère nationale PDC, présidente de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) du Conseil national, mère de trois enfants

«Il y a de multiples manières d’éduquer. Mère de trois enfants, je sais que chaque enfant, chaque phase de la vie et de nombreux moments exceptionnels exigent une flexibilité particulière en matière d’éducation. Or, le recours à la violence met brusquement un terme à cette flexibilité. La violence ne contribue jamais à résoudre un conflit. Elle nuit à l’enfant. Il est temps que la société et le monde politique décident quel degré de protection ils souhaitent accorder à nos enfants. Si c’est selon mes valeurs, cela ne pourra être qu’une protection maximale.»

Christine Bulliard-Marbach, conseillère nationale PDC, présidente de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture (CSEC) du Conseil national, mère de trois enfants

Christian Lüber, père de trois enfants. Compositeur de musique pour les enfants, il a notamment lancé Hilfssheriff Tom, le groupe de kid’s music du Far-West de la Suisse.

«Voici une citation de Karl Valentin: ‹Nous n’avons pas besoin d’éduquer nos enfants, ils imitent de toute manière tout ce qu’on fait.› M’inspirant de cette devise, j’essaie quant à moi d’être un modèle pour mes enfants. Je suis convaincu que c’est tout ce que je peux faire pour les accompagner durablement dans leur vie et rester toujours leur interlocuteur privilégié. En tant que tel, je mets mon temps à leur disposition. Le temps est le bien le plus précieux que je puisse offrir à mes enfants. Dans mon rôle de modèle, en tant que père, le temps signifie savoir se montrer à chaque fois patient, leur accorder une attention exclusive, et toujours répéter la même chose. Rien de spectaculaire en somme, mais cela me convient tout à fait. Les enfants regardent de toute façon.»

Christian Lüber, père de trois enfants. Compositeur de musique pour les enfants, il a notamment lancé Hilfssheriff Tom, le groupe de kid’s music du Far-West de la Suisse.

Rosmarie Quadranti-Stahel, conseillère nationale PBD, mère de trois enfants adultes

«Tout enfant a le droit de bénéficier d’une éducation sans violence. Ce droit doit servir de guide de comportement à tous les éducateurs, que ce soit chez eux ou dans des structures d’accueil extrafamiliales. En tant que présidente de Kibesuisse, j’accorde personnellement une très grande importance à l’éducation sans violence – toujours et partout.»

Rosmarie Quadranti-Stahel, conseillère nationale PBD, mère de trois enfants adultes

Lorenz Pauli, auteur de livres pour enfants et conteur, père de 2 adolescents

«Je me souviens de ma propre enfance. Une enfance chaleureuse, sans aucune violence – ni verbale, ni physique. Cela m’a donné l’espace qu’il me fallait pour me développer. Ainsi que la force de retransmettre aux enfants cette même chaleur humaine. Les gens qui ont eux-mêmes fait l’expérience de la violence dans leur enfance et qui ne retransmettent pas cette violence à leur progéniture font preuve d’une grande force de caractère. Beaucoup plus que je n’ai dû, moi-même, en manifester. Protection de l’enfance Suisse peut aider à donner l’impulsion et la stabilité nécessaires.»

Lorenz Pauli, auteur de livres pour enfants et conteur, père de 2 adolescents

Alexander Meier, professeur de karaté J+S

«Professeur de karaté, je donne des cours à des enfants provenant de différents horizons culturels, et j’en suis ravi. J’ai l’impression que tous ne viennent pas au cours de leur propre gré, et que certains sont là pour des raisons éducatives. Cela m’incite d’autant plus à les accueillir avec beaucoup d’estime. Cette estime ne doit pas dépendre de leurs performances. Ils la méritent ‹pour ce qu’ils sont›, et non pas parce qu’ils portent une tenue de karatéka. Les enfants manifestent leurs émotions très ouvertement, et je suis enchanté à chaque fois que je vois leurs yeux scintiller de joie. Je salue les enfants individuellement et je prends congé d’eux en leur témoignant la même considération, et pendant l’entraînement, je m’adresse si possible à chacun d’eux. Car les professeurs ont une responsabilité particulière – celle de transmettre leur estime, quelle que soit la performance de l’enfant.»

Alexander Meier, professeur de karaté J+S

Susanna Valentin, mère de trois fils de resp. 6, 4 et 2 ans, diplômée en pédagogie thérapeutique et sociale, responsable du cours Parents Plus® et journaliste indépendante

«Le recours à la violence physique ou psychique à des fins éducatives porte atteinte au bon développement de l’enfant. Sur la voie qui le conduira à devenir un être autonome, en tant que membre de notre société, il a besoin d’affection, de relations constructives et de modèles positifs. C’est en se confrontant à ces modèles que les enfants apprennent à juger si leur comportement est négatif ou positif. Nous devons donc rester attentifs.»

Susanna Valentin, mère de trois fils de resp. 6, 4 et 2 ans, diplômée en pédagogie thérapeutique et sociale, responsable du cours Parents Plus® et journaliste indépendante

Racha Fajjari, maman d’un fils de 8 ans, entrepreneuse et fondatrice de Mamalicious, la plus grande communauté de mères de Suisse

«En tant que parents, notre tâche est d’accompagner nos enfants tout au long de leur existence, et de les y préparer. Bien entendu, nous avons la responsabilité de les éduquer. Or, nous savons tous que cela ne marche pas toujours comme nous l’aurions espéré. Certains disent qu’il n’y a pas d’approche «juste» ou «fausse» en matière d’éducation. Je ne suis pas de cet avis: la violence est (toujours) la mauvaise voie. Les adultes sont en position de force par rapport aux enfants, et ces derniers sont livrés à leur bon vouloir. Or, cette forme de domination ne doit pas être tolérée. Les épisodes de violence vécus au sein du foyer familial laissent des blessures indélébiles, sur le plan psychique et moral. Nul n’est parfait, mais, nous autres adultes, nous devrions ne pas oublier tout ce que nous pouvons apprendre de nos enfants. C’est à nous, et à personne d’autre, qu’il incombe de réfléchir, de se montrer patients (aussi avec nous-mêmes), et d’apprendre de nos propres fautes. Jour après jour, étape par étape – avec nos enfants. Ce n’est qu’ainsi que nous leur fournirons le bon exemple, et qu’ils pourront devenir des adultes équilibrés, qui, à leur tour, nous soutiendront à l’avenir.»

Racha Fajjari, maman d’un fils de 8 ans, entrepreneuse et fondatrice de Mamalicious, la plus grande communauté de mères de Suisse

Jolanda Spiess-Hegglin, activiste sur le Net et directrice du réseau #NetzCourage

«Les enfants sont particulièrement sensibles. Dès leur plus jeune âge, mes enfants remarquaient quand je n’allais pas bien et s’occupaient alors de moi. Cette confiance est très  précieuse, mais nous ne devons pas en abuser. La violence a un pouvoir de destruction extrême. Même si je ne suis pas une pédagogue exemplaire et qu’en raison des événements que j’ai vécus, la colère s’est souvent accumulée en moi, j’ai toujours montré à mes enfants que la violence n’était pas une solution. La résistance non violente est, de toute façon, une option nettement plus efficace à long terme – pour les enfants comme pour les parents.»

Jolanda Spiess-Hegglin, activiste sur le Net et directrice du réseau #NetzCourage

Fiorina Springhetti, fondatrice de www.mamalltag.ch, conseillère en nutrition à plein temps et future naturopathe, mère de deux fillettes de 4 et 5 ans

«Que nous le voulions ou pas, nous autres parents sommes des modèles pour l’apprentissage conscient et inconscient de nos enfants ainsi que pour la reproduction des émotions et des schémas comportementaux. Ils nous regardent, apprennent et nous imitent. Si la violence, sous une forme physique ou psychique, est notre manière de réagir aux situations limites, nos enfants l’apprendront à notre contact. Chacun doit pouvoir choisir entre une éducation conforme à ses principes ou plutôt «laxiste». Mais ce n’est pas le cas de l’affection – l’amour, la protection et le sentiment de sécurité sont les piliers de l’éducation, quelle qu’elle soit. Les parents devraient parler affectueusement à leurs enfants, les féliciter, les réprimander ou leur fixer des limites sans hausser le ton – bref, les élever dans la tendresse.»

Fiorina Springhetti, fondatrice de www.mamalltag.ch, conseillère en nutrition à plein temps et future naturopathe, mère de deux fillettes de 4 et 5 ans

Slavia Karlen, blogueuse de womentalk.ch, mère d’un fils de 12 ans

«Dans le monde trépidant qui est le nôtre, où l’on attend des parents qu’ils concilient sans problème l’éducation des enfants, leur carrière et leurs propres besoins, j’attache beaucoup d’importance au fait que le thème de la violence à des fins éducatives soit abordé. Souvent, les parents sont débordés et essaient de parer au plus urgent, de sauver les apparences, au lieu de chercher de l’aide. Les enfants en sont les victimes. La violence et la négligence ont de multiples formes. Les enfants méritent de grandir dans un environnement protecteur et chaleureux. C’est le seul moyen pour qu’ils deviennent eux-mêmes des jeunes et des adultes responsables.»

Slavia Karlen, blogueuse de womentalk.ch, mère d’un fils de 12 ans

Fleur Jaccard, responsable des questions sociales auprès de la Fondation Christoph Merian, qui s’engage pour les enfants

«‹La violence ne fera jamais pousser une plante, elle lui arrachera tout au plus ses racines.› Parlons de ce qui se passe loin des feux des projecteurs, et soutenons les parents et les enfants. Protection de l’enfance Suisse réagit et lance un signal!»

Fleur Jaccard, responsable des questions sociales auprès de la Fondation Christoph Merian, qui s’engage pour les enfants

Nils Althaus, cabarettiste, musicien et acteur, père de deux fils, resp. de 4 ans et d’un an et demi

«Les enfants poussent souvent les parents à bout. J’en fais régulièrement l’expérience avec mes propres fils: accès de fureur devant la caisse du supermarché, refus de ranger leur chambre ou de ne pas traîner en se rendant au jardin d’enfants. Réagir correctement dans de telles situations constitue un véritable défi. En même temps, nos enfants sont à notre entière merci. Ils ne peuvent ni appeler un copain ni se défendre, et, si leur papa ou leur maman emploie la manière forte, ils ne savent pas qu’il pourrait en être autrement. C’est pourquoi les enfants ont besoin de notre soutien et de notre vigilance.»

Nils Althaus, cabarettiste, musicien et acteur, père de deux fils, resp. de 4 ans et d’un an et demi

Olivia Abegglen, blogueuse de fraeuleintiger.ch et mère de deux petits garçons de 3 ans et de 1 an

«Parfois, nous oublions que les enfants ne sont pas venus au monde adultes, et que nous avons été, nous aussi des enfants. Un changement de perspective est salutaire pour tous. Il nous aide à traiter les enfants d’égal à égal et de mieux les comprendre. Il n’est pas question pour moi d’user de mon pouvoir et de la violence à leur égard. Toutefois... Jamais je ne me suis sentie devant un tel défi que dans mon rôle de maman – la tâche la plus belle, mais en même temps, la plus exigeante que j’aie jamais imaginée. Être parents, c’est travailler sur soi-même, réfléchir, se fixer des objectifs familiaux et essayer de les réaliser. Cela vaut en tout cas la peine.»

Olivia Abegglen, blogueuse de fraeuleintiger.ch et mère de deux petits garçons de 3 ans et de 1 an

Anonyme

«Enfant, j’ai reçu des gifles injustement et, aujourd’hui encore, dans la deuxième partie de ma vie, je remarque combien j’en souffre encore. C’est la raison pour laquelle je soutiens la campagne de Protection de l’enfance Suisse – il ne faut pas que, quand des parents battent leurs enfants, on minimise de tels actes. Moi-même, je n’ai jamais levé la main sur mes enfants, et je me félicite de ne pas leur avoir retransmis ce traumatisme. C’est une contri-bution, certes, modeste, mais importante pour que le monde s’améliore. Et cela accroît leurs chances de jouir d’une bonne santé psychique dans toutes les phases de leur vie.»

Anonyme

Katja Wiesendanger, directrice de la Fondation Pro Juventute

«Toute forme de violence déstabilise profondément un enfant et ébranle sa confiance en soi et à l’égard de son entourage. Les enfants dont les besoins sont pris en compte, qui peuvent donner leur avis et parfois dire «Non», deviennent des personnalités qui prennent mieux leur vie en charge à l’âge adulte. Si les parents donnent à leur enfant, dès le début, le droit de participation et de codécision, ils contribuent de manière déterminante à le protéger de la violence. Il arrive toutefois que les parents se heurtent à leurs propres limites. Le service de conseil aux parents de Pro Juventute se tient à leur disposition, quelle que soit la situation à laquelle ils sont confrontés – 24 heures sur 24, 365 jours par an (tél. 058 261 61 61, elternberatung.projuventute.ch).»

Katja Wiesendanger, directrice de la Fondation Pro Juventute

Christian Glauser, responsable de la section Energie à l’Office des travaux publics, des transports publics et de l’énergie de la Ville de Berne et père d’un fils d'un an.

«La confiance est comme une feuille de papier: une fois qu’elle est pliée, on y voit les traces pour toujours. Les enfants qui subissent la violence des adultes la perçoivent comme une atteinte grave, qui ébranle leur propre sentiment de sécurité. Cette perte de confiance est particulièrement dangereuse pour les enfants. En tant que jeune père, je tiens absolument à pouvoir offrir à mon fils la sécurité, une protection, et de la tendresse. Le sentiment de confiance que je peux lui insuffler est en même temps la preuve la plus précieuse de l’amour que je lui porte.» 

Christian Glauser, responsable de la section Energie à l’Office des travaux publics, des transports publics et de l’énergie de la Ville de Berne et père d’un fils d'un an.

Marie-Eve Marville

«J’attache de l’importance aux structures et aux règles – je ne suis pas pour le «laisser-faire». Je pense que les parents, qu’ils vivent en couple ou qu’ils soient séparés, doivent défendre les mêmes valeurs et former une équipe, y compris pour les questions d’éducation. C’est le seul moyen pour que les enfants bénéficient de la stabilité nécessaire et d’un quotidien bien réglé, qui leur confèrent la sécurité dont ils ont besoin. Le respect et la politesse appartiennent pour moi à une bonne éducation –  chez nous, se dire «Bonjour» ou «Bonne nuit» va de soi. Il n’est pas facile de concilier travail, vie familiale et études, et cela demande de chaque membre de la famille beaucoup d’énergie. Cela ne fonctionne que si l’on respecte certaines structures, qu’on a le sens de l’organisation, mais aussi du savoir-vivre.»

Marie-Eve Marville, Performance Manager et mère d’un fils de 7 ans

Prof. Dr. Dominik Schöbi, Université de Fribourg. Psychologue et père de trois enfants de 6 à 13 ans.

«La sécurité émotionnelle est importante pour le succès et les performances de l’individu dans pratiquement tous les domaines de la vie. Des relations familiales fondées sur la confiance sont l’un des principaux facteurs pour la garantir. La violence, qu’elle soit physique ou psychique, constitue un obstacle à cet égard: les leçons qu’elle inculque à nos enfants sont contre-productives!»

Prof. Dr. Dominik Schöbi, Université de Fribourg. Psychologue et père de trois enfants de 6 à 13 ans.

Paola Riva Gapany

«La violence à l’encontre des enfants nous concerne tous! En tant que mère de deux adolescents, je sais que les parents ont besoin de soutien pour une éducation non violente et donc respectueuse de la dignité de tout en chacun, enfant et parents compris. Personne n’aime la violence, qui n’a pas sa place dans une société progressiste et respectueuse des droits de l’enfant. Il nous faut des modèles de parentalité positive et des solutions très concrètes comme nous les propose la campagne de la fondation Protection de l’enfance Suisse.»

Paola Riva Gapany, mère de deux adolescents de 13 1/2 ans et de 12 ans, directrice de l‘Institut international des droits de l’enfant à Sion, membre du Conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

Patrick Linner, graphiste

«Il est de notre responsabilité de réagir de manière adéquate aux différentes situations.» Nous avons tous bénéficiés d’une éducation. Nos parents nous ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Maintenant, nous assumons cette responsabilité – consciemment ou pas – et nous pouvons nous-même décider de ce que nous retransmettrons à nos enfants. Remettre en question son propre comportement ouvre de nouveaux horizons, cela nous permet de nous développer constamment. C’est le début d’un travail merveilleux, sur ses relations avec autrui, aussi bien avec l’enfant qu’avec sa propre compagne et soi-même. Cela vaut la peine! Nous avons toujours la possibilité d’opter pour une solution pacifique et nous seuls pouvons nous transformer. Certaines situations se produisent, nous les interprétons et c’est à nous qu’il incombe de réagir de manière adéquate.»

Patrick Linner, graphiste

Yvonne Feri, conseillère nationale, présidente du Conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

«Ancienne mère célibataire de deux filles, aujourd’hui adultes, et ayant parallèlement exercé une activité professionnelle, le thème de l’éducation me tient particulièrement à cœur. Dans ma vie de tous les jours, j’ai souvent été à la limite de mes forces et je sais trop bien quels sont les défis quotidiens que doivent relever les parents. Dans les périodes difficiles, la pratique intense de l’exercice physique m’a aidée à tenir le coup. En sortant à l’air frais, avec ou sans les enfants, ma frustration se dissipait en général très rapidement. Bouger permet d’évacuer le stress et un environnement différent aide à se calmer.»

Yvonne Feri, conseillère nationale, présidente du Conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse

Markus Wopmann, médecin-chef de la clinique pour enfants et adolescents à l’Hôpital cantonal de Baden

«Mon objectif est que de plus en plus d’êtres humains comprennent que la violence est un instrument d’éducation totalement inadapté, car les enfants ont besoin, avant tout, de beaucoup d’affection, de relations stables et fiables avec leurs parents, et que ces derniers leur donnent le bon exemple.» 

Markus Wopmann, médecin-chef de la clinique pour enfants et adolescents à l’Hôpital cantonal de Baden