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Que faire, si vous apprenez qu'un enfant est maltraité?

Qu'est-ce que la violence physique?

Les enfants se font battre. Ils reçoivent des gifles, des coups sur les mains ou sur le derrière, ils se font tirer les cheveux, donner des coups de pieds, frapper avec des ceintures, des tape-tapis, des cintres, des chaussures ou des câbles électriques; il arrive aussi qu'on les contraigne à plonger certaines parties de leur corps dans de l'eau glacée ou brûlante. Pour punir leurs enfants, les parents trouvent manifestement d'innombrables formes de violence physique — souvent, ils augmentent aussi la rigueur de leurs sanctions. On en reste donc rarement à une simple petite tape sur le derrière?ä?. Cette dernière se situe souvent au début d'une chaîne de punitions toujours plus dures — pouvant aller jusqu'à une grave maltraitance.

Un autre exemple de violence physique consiste à secouer les bébés ou les très jeunes enfants. Cette forme de violence massive peut conduire, tout particulièrement chez de très jeunes enfants, à des lésions durables et très graves (syndrome des bébés secoués), voire à la mort.

Ceux et celles qui pensent que les châ-timents corporels utilisés dans l'édu-cation conduisent au succès font erreur: quatre parents sur cinq qui re--courent aux sanctions corporelles confirment ne pas avoir atteint leur but par ce type de sanction. 10 pour cent des parents interrogés reconnaissent même que la situation empire du fait de ces coups; seuls 10 pour cent à peine sont d'avis que les corrections sont utiles dans l'éducation. Personne ne croit à un succès à long terme. Si les châtiments corporels (et beaucoup d'autres sanctions) étaient aussi utiles que beaucoup de
gens le croient, il ne faudrait pas y recourir aussi souvent !

Combien d'enfants sont-ils touchés par la violence physique?

La majorité des enfants sont maltraités physiquement par leurs parents, par d'autres responsables de l'éducation ou par des adultes. Une enquête menée en Suisse auprès des parents en 1992 a montré que la violence envers les enfants — envers les garçons surtout — était le plus fréquemment appliquée entre la naissance et l'âge de sept ans.

Les chiffres suivants sont révélateurs de l'ampleur de la violence utilisée comme moyen d'éducation. Uniquement entre 0 et 2 ans, l'enquête et une estimation sur 200000 enfants montrent que 5000 enfants environ (2,4%) étaient frappés «parfois» ou «très souvent» avec des objets; 22000 enfants (11%) recevaient «parfois» ou «très souvent» des coups de toutes sortes et 29000 enfants (14,2%) recevaient des gifles «parfois» ou «très souvent».

Les enfants âgés de 2 à 7 ans sont frappés encore plus souvent. Il faut ad-mettre qu'en Suisse, 4 garçons sur 5 reçoivent des corrections.

Dans quel contexte la violence physique se produit-elle?

En principe, personne n'est totalement à l'abri du recours à la violence physique. Vu l'ampleur avec laquelle cette forme de violence est appliquée, il n'est guère possible de dégager des caractéristiques des auteurs et auteures et d'identifier des situations et des conditions spécifiques. Lorsque 80% des enfants subissent des sanctions physiques, cela signifie qu'une grande majorité des enfants sont des victimes et que la majorité des adultes sont auteurs de violence. Dans ces conditions, il n'est pas possible de relever des traits typiques de la personnalité. Les caractéristiques de ceux et celles qui recourent à la violence sont autant ?ä?ormales' que la violence envers les enfants est ?ä?ormale' (en termes de statistique).

Pour déterminer les causes de la violence, il faut toujours prendre en compte de nombreux facteurs différents. Généralement, les facteurs individuels, familiaux, sociaux et sociétaux se conjuguent.

Quand des crises personnelles, des problèmes de couple et d'emploi, des ennuis de santé, des difficultés financières, scolaires et autres s'additionnent, que l'offre d'aide et de soutien est faible, que la violence est admise, etc., le danger que la violence se produise est grand.

Quelles peuvent être les conséquences que la violence physique?

Les coups et autres formes d'agression sur le corps d'un enfant peuvent en-traîner des lésions corporelles, des lésions des parties molles, des os et des articulations ou de la peau. Dans le cas extrême, elles conduisent à la mort — tout particulièrement chez les victimes très jeunes (syndrome du bébé secoué). Les troubles psychologiques causés par la violence physique peuvent être tout aussi graves.

Les châtiments corporels influencent d'une part les relations entre l'enfant et les parents et, d'autre part, le dé-ve-loppement de la personnalité de l'enfant concerné. La confiance de l'enfant envers les responsables de son éducation est ébranlée; la confiance en soi de l'enfant et son estime de soi souffrent. Les coups affaiblissent les enfants.

Etre battu et agressé génère beaucoup de sentiments différents: rébellion et résistance, rage, désirs de vengeance mais aussi impuissance et abattement; les enfants battus se replient souvent sur eux-mêmes. Comment vous sentez-vous lorsqu'on vous frappe?

Que faire, si vous apprenez qu'un enfant est maltraité?

«Observez et réunissez toutes les informations dont vous disposez. Notez-les par écrit. C'est à vous de décider si vous souhaitez prendre vous-même contact avec les parents concernés ou si vous préférez vous adresser à une personne spécialisée.

Si vous prenez l'initiative de contacter les parents et de parler avec eux, n'oubliez pas qu'il ne s'agit pas de chercher des coupables ou de condamner les parents. Le but de l'entretien doit être de trouver quel est le meilleur moyen d'aider les parents pour qu'ils puissent renoncer à la violence par la suite.

Demandez-vous si vous êtes bien sûr de ne pas accroître la pression sur les parents et les enfants en ayant un entretien direct avec eux, ce qui rendrait une aide plus difficile.

Dans la plupart des situations complexes, il est préférable de prendre contact avec une personne spécialisée, un service spécialisé ou même avec l'autorité compétente. Vous pouvez aussi, sans citer de nom dans un premier temps, faire part de vos observations et de vos informations. Avec les spécialistes (services spécialisés) vous pouvez discuter de la suite des démarches. Une possibilité consiste à dénoncer le cas à l'autorité compétente (autorité tutélaire).

L'autorité tutélaire est tenue de procéder aux enquêtes utiles partout oû le bien-être d'un enfant semble menacé; c'est elle qui ordonne, le cas échéant, des mesures pour remédier à la situation.

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